mercredi 23 mars 2016

verbatim abscons

Une cascade, que dis-je une avalanche (quel mot superbe). Toi seule qui caresse le génie du vent. Mêmes images. Énergie débordante. Moulures des murs en décrépitude. Me suis laissé emporté tout à l'heure à quelques transports. L'aile de papillon est une minuscule mèche de cheveux bleus. Ondes ourlées de paraboles sublimes qui tracent la périphérie de l'infini à toi. (Les portes sont entrebâillées. Nudité des esquisses, des dessins dans l'ambiance. Les regards tissent l'air, le voile imparfait de la toile du monde où s'organiser des ratures dégoulinantes tentant d'or donner le chaos. Fièvres et enthousiasme) Coups de poing comme code morsure la table. Je clame et calme dans le liquide mes débordements. Prendre l'air.

((Revenus du dehors où un semblant de manif semble manifester. Mais ce n'est pas une manif, c'est une fête, que dis-je, une pastorale idiote où la révolte se résume donc se réduit à des bruits de tambour et des drapeaux, que dis-je, des fanions de la CSN que font danser des enfants. Des jouets pour enfants câlice. Ils sont bien faibles les coups et les voix supposés signifier l'indignation et ébranler le socle de notre société corrompue. Se complaire dans son misérabilisme et sa petitesse, voilà l'adage d'une mollesse pas revendicatrice pour deux cennes. Ce n'est pas une manif, c'est un rassemblement clôturé dans un parc comme bétail dans un enclos.) Un rêve éteint qui se sublime et transcende aucune lueur dans un jour qui ne veut pas mourir, dans un échec qui se refuse à se reconnaitre. La nuitte sera longue et plate. Ce sont les obstacles dont je parlais. Ridicules pavés d'un passage banalisé. Cette meute anodine se dissipera au premier gyrophare, à la première ondée de bruine crépusculaire, car il n'y règne aucun réel amour, aucun désir de liberté, aucune volonté de révolte. Cette indignation est obsolète.)

(Mais dans tous les angles offerts à ma vision de grand duc, la poésie apparaît et me rassure et change ma colère en verve. Cette parenthèse était nécessaire, Francis pourrait en témoigner. Savante asymétrie qui mérite étude et respect et dithyrambe. Les mathématiciens spécialistes des paraboles, des ellipses et des courbes ne doivent pas s'ennuyer, surtout si leurs réflexions s'attardent sur l'Harmonie aux teintes bleues sur argentées. (Le serveur, en regardant mon verre vide : - Est-ce que c'est fini? Mon verre ne peut pas être plus vide, c'est impossible. - Oui il l'est. - Ah ok scuse, j'ai eu une illusion d'optique. - Je te comprends, j'en ai depuis tantôt.))

La nuit est tombée sans que je l'aperçoive. Comme si elle avait manqué une marche. Foulure de la brunante. (Le rassemblement s'est éteint, éphémère comme l'illusion de ses convictions (parce que faut dormir hein). La révolte ne se fait pas en marchant sur place dans un parc réglementé : cette propension affreusement québécoise à embrasser les contraintes, cette peur viscérale de l'inconnu. La révolte ne dort pas, elle doit être constante, systématiquement tendue. Un arc bandé prêt à décocher ses puissances flèches.) (En parlant de Don Quichotte : Cervantes n'a pas écrit "fou", il a écrit "ingénieux". Tout est là! Capuchons ramenés sur nos têtes, nous sommes les antimoines, les anticopistes, nous sommes les scribes de l'anodin effervescent) ((Réplique lancée : C'est une invention c'te fille-là tabarnac! Tout haut : on demanderait un prix Nobel d'architecture ici s'il-vous-plaît! La chute de reins invite à la noyade. Pistils éclatants de son corsage fleuri mauve et rose, un lit de pétales sur son torse. Dryade de clairières enchantées.) Entre l'épiderme et le duvet fragile - et enlumine les muses - maladresse et frisson des chairs découvertes. Ici entre les deux peaux, le refuge du divin.) Un temps, mon soupir ressemble davantage à un râle. Écrire sur un corps une dissertation nouvelle. Que des siècles qui passent. Et les étamines du soir distillent pollen neigeux sur le tapis de nuit. (Temps qui passe, s'amoncellent les soupirs) Et me manquent les matins frêles, cette rosée fragile qui s'évanouit sur la naissance du jour.

2 commentaires:

  1. Poème d'une incandescence telle que l'écran brûle.





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  2. Merci du compliment mon ami.

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