mardi 25 janvier 2022
dimanche 12 décembre 2021
je vis par hasard
vendredi 3 décembre 2021
la flamme d’une chandelle
dimanche 14 novembre 2021
vendredi 22 octobre 2021
vendredi soir
jeudi 16 septembre 2021
mercredi 21 juillet 2021
nature morte (ou pas)
samedi 3 juillet 2021
dimanche 2 mai 2021
impression
samedi 17 avril 2021
être plus sensible à la mécanique des jours, les secondes les minutes les heures ont toutes leurs engrenages précis, des corps automatiques à la sensualité tantôt apaisante, tantôt dévorante
être plus sensible à leurs alliages, tous ces fils entrelacés tirant chacun vers leur origine, des toiles tissées de multitudes sans que le centre s’écartèle, juste un noyau en expansion, être largesse
être plus sensible à la méthode avant qu'un fil ne parte en vrille et se torde ou se casse et dérape, voir les outils se multiplier et adapter les formes les unes aux autres, orchestrer ses schémas
être plus sensible à ces chants, quand la souplesse du son s’installe et que s'adoucissent les angles, être à la fois le craquement et l'empreinte muette, tout est polyphonie quand je est un autre
jeudi 15 avril 2021
toute chair vive gercée d'éraflures
vendredi 26 mars 2021
samedi 26 décembre 2020
samedi 17 octobre 2020
lundi 21 septembre 2020
mercredi 16 septembre 2020
lundi 17 août 2020
Nietzsche on the beach
mardi 4 août 2020
Quand s’arrêtera la déferle...
je rêve de silences purs
sans crépitements sans hachures
des arbres ceints d’étoiles vertes
un lit de racines salées
où se mêlent toutes les terres
et l’on ne pense qu’à la lune
étendus dans nos plaisirs nus
en-deçà de vices et vertus
et si l’ennui était un luxe
profond creuset d’une alchimie
nouvelle aux alliages puissants
il faudrait inventer le monde
avec de plus beaux éléments
pour enfin voir les nobles lieux
abandonnés des déjà-vu
où les désirs seraient précieux
hélas les jours sans vents sont vains
plus de frissons aux cœurs des chairs
l’été agonise stérile
tombe son corps d’herbe brûlée
dans la cendre que de périls
les racines sont fatiguées
les amants s’évanouissent au sol
et les ambitions s’évaporent
les flammes ne font plus de bruit
tout ce qui vit semble défait
cherche la pousse dans l’ivraie
le regard vitrifié de haine
les traits tirés la folie est
de passage mais pour rester
sinon ils sont tous morts déjà
après tournés le coin de rue
et les nuages fanés pleurent
j’exhorte le ciel à grands cris
avant qu’arrive l’explosion
ne garde pas le beau pour toi
fragiles sont les cous pendables
à un faux pas d’être pendus
l’exil revêt ses beaux atours
je pars me dérober du fil
des fictions à deux dimensions
sont bues au filtre des écrans
jusqu’à plus soif jusqu’à plus soi
ce peu que l’hésitation trouble
empêchant l’instant d’avancer
la joie a chanté au passé
à la fin l’écho sonnera
l’avenir sera murmuré
dimanche 19 avril 2020
exercice du dimanche
arrivera bientôt l’avenir et j’attends
immobile dans l’aube transpercée d´éther
à jeun de souvenirs qui d’angoisse déterrent
la nostalgie du faible fuyant le présent
je fixe le vide trouble jusqu’à l’ivresse
des songes amarrés aux tempes où vibre l’horloge
l’indifférence tait l’élan qui fait l’éloge
des illusions naïves accrochées aux promesses
sous le soleil viennent frémir les belles ombres
du crépuscule pur que les étoiles encombrent
le vent distille silence et parfums d’orage
pendant qu’au futur le présent cède le pas
des cendres de l’ennui naît un calme courage
sous ma dent se cassent les sinistres appâts
mardi 17 mars 2020
haïkus de nord
devant tout l'hiver
être aussi fort que l'arbre
aussi fort et seul
_____
un froid minéral
tous les lacs gisent gelés
sur l'eau qui respire
_____
des cristaux de neige
comme du ciel concassé
brillent dans notre élan
_____
en montant au Nord
les pneus chantaient sur la glace
vers ce désert blanc
_____
des arbres hérissés
ils saluent notre retour
vers la ville lourde
lundi 24 février 2020
assurément je vois que mon monde rapetisse
pour de vrai
bientôt je ne verrai plus rien
j'ai pleuré pour la première fois depuis longtemps aujourd'hui
j'ai lavé le film de l'oeil
et ça n'a rien arrangé
mon mal de tête augmente
chaque fois que je tourne la tête
quand je regarde plus près
la mine du crayon faire saigner noir la feuille
l'encre s'embrouille
la lame fend la pulpe
déjà les mots sont fatigués
mes yeux sont épuisés de lumière
épris de trouble
et rampent vers le flou
mille images en manque de mots
un kaléidoscope en noir et blanc
tous les monochromes
d'un présent déjà passé - des blues doubles
l'essence sépia des pages
inutiles qui ne disent rien mais qui existent
s'évapore
et toute sève est desséchée
lundi 14 octobre 2019
un matin d'aurore feutrée le long de l'aqueduc sur un grand terrain vague des outardes en troupeau ou en harde s'engraissaient de gras gazon avant d'éventuellement décrisser en criant pour l'hiver mais ce matin-là c'était dans la brume qu'elles mangeaient ce gras gazon plein de rosée chargée de nuages et je filais plus lentement soudain dans l'air frais du matin les doigts gelés d'hiver à venir le soleil se levait au sud au-dessus du fleuve et déversait sa lumière qui s'effilait comme toile d'araignée immense d'une lumière neigeuse un châle enchevêtré de fibres évanescentes le matin clignait des yeux et ses évanescents cils frottaient toute l'étendue du gras gazon où piaillaient en silence les grosses outardes d'automne pendant que moi je filais invisible le long de tous les fils la fibre animée d'un puissant désir d'automne avec dans ma tête la promesse d'un grand jour et dans mon coeur l'octobre précis et superbe de ses yeux sombres
c'est dans l'amas du soir que renaît ce souvenir récent parce que finalement l'aube était belle mais le jour est tombé si vite la semaine est passée si vite les derniers mois aussi le temps s'envole et vole sans cesse dans les deux sens du mot c'en est rendu une joke mais le silence a assez fait son travail et l'encre séchée depuis trop longtemps a besoin de lumière maintenant les gros blancs inondant les murs commencent à s'assombrir de nouvelles ratures dans l'intervalle de tension entre la lumière et le fracas une apparition arrive et puis s'en va et peut-être que cette fois j'aurai le temps de m'y souscrire pendant que la mousse sèche sur le verre comme le givre à venir pendant que les amers s'étendent comme des gouttes de mercure roux sur la langue qui n'en finissent plus de durer ce goût herbacé des absinthes d'automne béni ces fées vertes d'aulne rouillé ces parfums de feuilles d'herbe ah cette grasse multitude de l'immense Walt qui me fait de l'oeil à chaque fois à chaque contradiction tout ce vert auréolé des cendres séchées du spectre des couleurs du feu et maintenant attendre la finale une mercuriale attente le blanc révèle désormais des ombres vertes et grises elles s'étirent à l'opposé de ma lampe en griffes flous araignées aux pattes velues et piquantes sur la peau fragile des soirs froids que la langue de l'eau-de-vie réchauffe les lèvres closes et scellent les langages secrets la prose est presqu'empoisonnée elle convulse et triture toute la poésie du silence ébats éparpillés dans la braise des doigts embrassés des corps brûlant les atomes et toujours ce frisson dans la pièce quand elle la traverse et toujours tremblent les émotions liquides sur les nouveaux corps rouges de dieux timides qui regardent, jaloux, les amants amoureux dans l'ébène et l'ivoire de tous les possibles
jeudi 20 juin 2019
jeudi 4 avril 2019
petite épiphanie
les eaux vives dénuées de troubles
de nos courbes épousées dans le secret
mardi 19 mars 2019
jeudi 14 mars 2019
Hasard objectifs - édition session d'hiver 2019
C'est pour cela que la vie en elle-même n'est faite que de coïncidences.
C'est quoi la mort?
C'est quoi la mélancolie du bonheur?
C'est la malédiction musicale. (???)
C'est quoi la solitude?
C'est la perte de l'âme envieuse.
C'est quoi le sentiment du bonheur?
C'est le vent qui chante entre les branches des arbres d'une forêt inconnue.
C'est quoi le devoir?
C'est les petites choses qui comptent le plus.
C'est quoi l'univers?
C'est le frisson qui me parcourt tout le corps.
C'est quoi le monde souterrain?
C'est le rouge du sang et des roses.
C'est quoi la mort inévitable?
C'est la raison qui pousse l'homme à laisser l'air passer dans ses poumons.
C'est quoi l'amour?
C'est une femme charmante.