comment traîner avec soi
toute la journée
la tranquillité de l’aube
comme un refuge dans l’interstice
entre nuit et jour
à l’abri des envieux
des hypocrites
des enchaînés déchaînés
des abrutis malheureux
quand le jour se révèle
éclôt en fracas
dévoile - tantôt lentement
tantôt violemment -
tous ses nouveaux stigmates
ces blessures gâtées par le sel
de la terre intoxiquée
par l’irréversible déclin
qui dessine sans relâche
sans même lever la main
l’entropie des désastres
où trouver le repère
l’assise d’une fine lumière
aveuglant toute frasque
tout le flou diffus
de ce qui nous délimite
joue avec les frontières
d’un exil en soi désespérant
le littoral s’effrite
le coeur avarié
d’une haine mortifère
retient toute lumière
qui s’étiole
jusqu’à l’épuisement
les matières vides
creusées par le doute
et l’errance entre les autres
abolissent le rapprochement
nous mourrons tous
à égale distance
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