mercredi 30 septembre 2026

 




une autre aube apparue dans l’ombre
à même les retailles de la nuit
se forme le moment où se fixe
entre deux temps qui se relancent
l’optimisme d’espoirs obstinés

je bêche une matière entêtée 
aux envergures variables
dont les élans seuls m’apaisent
les germes fertiles d’un invisible
où naissent d’intangibles promesses et
entre flux et reflux de désordre 
l’idéal vaporeux d’un futur proche































samedi 26 septembre 2026

 




my mind is a spider
un ballet d'alternance 
entre mouvements furtifs
et gracile immobilité
et je tisse

et je tisse 
inoffensif
patiemment
des constellations 
des toiles aux noeuds nécessaires 
où la jointure des fils
articule de nouveaux angles
déforme les écarts
des pensées qui s'écoulent 
et s'engluent sur la rosée 

je me terre dans 
l'élan constant du monde
tâchant de fuir
les relents rances 
de ce qui déraille

(une main au sol
la peau fendue
une lézarde de sang
ne suffisent plus à 
accueillir les mystères 
éhontés d'un destin 
sans réserves)

dans les déroutes du bruit
et les détours du silence
sur les parois chauves
je retrouve 
le confort de la pierre
et l'audace de résister

et je tisse 
à colmater les failles
à faire peau neuve des plaies

aveuglément 
je m'obstine
à déplacer les lignes
à creuser - à même l'encre -
jusqu'au souffle frais
un peu de lumière


















mercredi 23 septembre 2026

 


comment traîner avec soi
toute la journée
la tranquillité de l’aube
comme un refuge dans l’interstice
entre nuit et jour
à l’abri des envieux
des hypocrites
des enchaînés déchaînés
des abrutis malheureux 

quand le jour se révèle
éclôt en fracas
dévoile - tantôt lentement
tantôt violemment - 
tous ses nouveaux stigmates
ces blessures gâtées par le sel
de la terre intoxiquée
par l’irréversible déclin
qui dessine sans relâche
sans même lever la main
l’entropie des désastres
où trouver le repère
l’assise d’une fine lumière
aveuglant toute frasque

tout le flou diffus
de ce qui nous délimite
joue avec les frontières
d’un exil en soi désespérant 
le littoral s’effrite

le coeur avarié 
d’une haine mortifère 
retient toute lumière
qui s’étiole
jusqu’à l’épuisement
les matières vides
creusées par le doute
et l’errance entre les autres
abolissent le rapprochement 

nous mourrons tous 
à égale distance




















jeudi 10 septembre 2026

 

bruissements des feuilles
électricité des nervures 
comme des toiles d'araignées vertes
pendant que le vent siffle
ma main peine un blues spontané
en souvenir de Ti-Jean

lequel des souffles s'épuisera en premier
incontrôlable le vent 
se perd dans les arbres 
transporte les cris enthousiastes
des enfants de la cours d'école voisine
jusqu'à ma surdité
les plaintes s'entremêlent 
et le vent siffle toujours 
comme chargé des échos lointains
et vains de ceux écrasés
par le talon de l'Histoire

aliénation fantôme
exploitation industrielle
technoféodalisme 
intelligence artificielle
la chape du progrès sur 
nos existences réifiées
pendant que les fascismes renaissent
se réveillent tentaculaires
et dans un bâillement avalent le monde
dans l'insouciance ambiante 
il n'y a plus rien de sacré

le pouvoir des monstres
a transmuté la peur en haine
la fenêtre est sale 
des traces de doigts à l'agonie
comme le miroir de nos échecs
du sang séché sous nos semelles
jusqu'au fil de nos veines
le malaise dans la gorge
comme une eau rance
la lie des rancoeurs
des colères en transe
le cours des jours s'oblique 
en déclin précipité
et encore une fois
il n'y a plus rien de sacré

Quand on est dans la merde jusqu'au cou
il ne reste qu'à chanter
disait Samuel Beckett

craignant de fausser
un poème fera l'affaire 
aujourd'hui
sans être sacré 
il peut 
quand même
être 
un moment d'attention
une sensation honnête
une main tendue
un sourire
un rhizome de réflexions
une écoute
une forme de prière