samedi 14 février 2015

Je ne suis pas sûr si puiser son inspiration dans l'insomnie est une bonne chose - d'un coup que j'y prendrais goût. Toujours est-il que lors des trois dernières nuits, à scruter le noir une fois les yeux adaptés à l'obscurité, j'ai senti naître des images à approfondir - théâtre d'ombres -, des images invisibles le jour. De quoi dessiner davantage le projet à venir qui lentement se peaufine. 

vendredi 13 février 2015

cette fatigue du corps qui refuse le sommeil
de l'esprit incapable d'écrire

"Ne croyez donc jamais d'emblée au malheur des hommes. Demandez-leur seulement s'ils peuvent dormir encore? ... Si oui, tout va bien. Ça suffit."
- Céline

jeudi 12 février 2015

Lire avec le sourire les poèmes de jeunesse de James Joyce et constater à quel point c'était un amoureux fini.

mercredi 11 février 2015

Réunion départementale dans une salle de classe beige hôpital pas possible. Mon ennui n'a d'égal que mon manque de mots pour le décrire. Pas de fenêtres où m'évader. J'essaie d'en ouvrir une. 

Une boule de foin poussée par le vent dans un désert perdu. Un désert brûlant hydraté au whisky où traîner ses pas et son regard plus loin que l'horizon. Accoté sur la voiture - une véritable fournaise -, tout empoussiéré, lire Leaves of Grass. Les pages sont tachées de sable et l'encre agrandit le ciel au-dessus. Le sentiment de tenir dans ses mains une Amérique si lointaine. (Comment traduire adéquatement le mot "Self"? "Soi" me paraît insuffisant.) Whitman est un géant à deux doigts de tenir le soleil dans ses mains. Et de le donner aux autres, dans sa poésie. Le vent fait chanter le métal rouillé d'un resto abandonné au milieu de nulle part.  

La réunion est terminée. Les images sont venues par flash, inconstantes. 

Quatre heures d'enseignement devant moi. 

La Renaissance.

mardi 10 février 2015

nous avons marché sur la nuit
et maintenant
nous avançons dans les failles de l'aube
remplies de restants de rêves
et attendons le lever du jour
que nous savons invincible
comme l'hiver qui hurle
un cri pur
celui qui fait vibrer les cordes
celui qui ébranle les fibres

il n'est pas de plus belle quête
que celle inutile
que celle insensée
tracée des spasmes de nos pas

lundi 9 février 2015

automatisme

Ça faisait longtemps que je n'avais pas mis ma tête sur le billot du papier où la plume est la hache, imaginant les coups tombés sur mon trop plein d'idées, tranchant tout, les blessures, les images multipliées par le prisme de l'insomnie. Déjà après une seule phrase je prends trop mon temps. Première image soudaine en tête : Jack Kerouac martelant sur sa machine à écrire, dans une épileptique frénésie créatrice, les mégots de cigarettes s'entassant à profusion dans ses poumons, heures et jours enfumés, le goulot jamais loin, débordant distillat de phrases, confusion des souvenirs à immortaliser sur le papier - faut pas perdre le passé -, le baume alcooleux des solitudes. Ginsberg pas loin lui disant d'écrire encore plus sans jamais s'arrêter ; la poésie à porter d'atteinte, l'écriture placé au-dessus de tout, beaucoup de vie à l'état pur. Dans son incongruité, son chaos, son feu d'artifices incontrôlable. L'écrivain comme spectateur ébahi devant les possibles. Je dois arrêter pour l'instant, car un ami m'attend à l'autre bout du quartier. Pour le rejoindre j'irai marcher dans le froid jusqu'à ne plus sentir mes os. Le paralysé avancera dans la nuit froide et rêvera au sommeil qui le fuit, étranger. 

dimanche 8 février 2015

dimanche

thé matinal aux lueurs des chandelles
la neige dehors danse en silence
trinité dominicale - Dvořák, Joyce, Herzog
Nouveaux Mondes

samedi 7 février 2015

"Some of them I have revisited a little, but if I went on revisiting everything that I now do not like in this book I should be so busy that I would have no time to try to write new poems." écrit Dylan Thomas dans l'introduction de Collected poems, son ultime anthologie, un an avant de mourir à l'âge ridicule de 39 ans. Même les ogres peuvent mourir d'excès, les alcools du poème tantôt éteignant tantôt ravivant le brasier des âmes débordantes. Lui arrivait-il de sonder en lui-même - ce que je fais ce matin - et de ne rien trouver? Dylan Thomas, inépuisable, et son artéfact, son infaillible bâton de sourcier.
J'essaie et je me sens forcer les absences. En moi et autour, que les échos du vide. Que les dieux du passé dans la pierre, que le néant voilé de la mante du monde. Une sensation de désert dénué de nuages - je plains ceux soumis à la tyrannie du soleil. Sûrement demain sera différent, mais si aujourd'hui était un jour inutile? Pris entre la transparence de l'être et l'impénétrabilité du monde?

vendredi 6 février 2015

La fascination du fou

Encore cette curiosité insatiable à voir le fou. Le vrai et le génial fou. Comme si nous accédions au troplein enfermé dans la psyché humaine. Le fou honnête et nu dont les spasmes annoncent le génie. Il y a une authenticité dans la folie qu'on ne retrouve nulle part. Hamlet se laissant emporter par son propre jeu. Kinski explosant de rage pour distiller l'émotion. Joyce écrivant l'illisible langage universel pendant dix-sept ans. Does nobody understand? Ses derniers mots avant de mourir, aveugle, lui qui voyait le monde comme personne. Je crois qu'il ne voulait pas qu'on comprenne son livre, mais pourquoi il l'a écrit. Comprendre. Chercher l'inconnu contenu en soi, jusqu'aux révélations, jusqu'aux épiphanies. L'impression de pincer la corde, la fibre nerveuse de la vie même. Et dans ses vibrations sentir les possibilités du génie.

jeudi 5 février 2015

Dans le métro

Laura Jane Grace cris sa vie démente dans mes écouteurs. "No more troubled sleep, there's a brave new world that's raging inside of me." C'est lorsqu'on connaît son histoire qu'on se rend compte de la puissance d'Against Me! Avec le point d'exclamation s'il vous plaît. Autour de moi, un étudiant de Blaise - le nez dans Le Nez qui voque - et un de Marie-Êve - La Nuit d'Élie Wiesel. C'est la dernière chose que je lirais en ce moment. De mon côté, mon Laferrière me tombe des mains, sa fatigue m'ennuie mortellement. Le degré zéro de la fulgurance. Faut parfois varier ses lectures qu'ils disent et sortir du ventre des monstres. Ok. Mais pourquoi? Pour apaiser un peu la rage en soi? Attendre l'explosion de nouveaux mondes? N'importe quoi. 

Je refuse de me nourrir de poussières vaines.

Je veux rugir. Je veux cracher du feu. Je veux créer des mondes.

mercredi 4 février 2015

"In the midst of the broken consciousness of mid twentieth century suffering anguish of separation from my own body and its natural infinity of feeling its own self one with all self, I instinctively seeking to reconstitute that blissful union which I experienced so rarely I took it to be supernatural and gave it a holy Name thus made hymn laments of longing and litanies of triumphancy of Self over the mind-illusion mechano-universe of un-feeling Time in which I saw my self my own mother and my very nation trapped desolated our worlds of consciousness homeless and at war except for the original trembling of bliss in breast and belly of every body that nakedness rejected in suits of fear that familiar defenseless living hurt self which is myself same as all others abandoned scared to own our unchallenging desire for each others. These poems almost unconsciousness to confess the beatific human fact, the language intuitively chosen as in trance & dream, the rhythms rising on breath from belly thru breast, the hymn completed in tears, the movement of the physical poetry demanding and receiving decades of life while chanting Kaddish the name of Death in many mind-worlds the self seeking the Key to life found at last in our self.
- Allen Ginsberg

mardi 3 février 2015

requiem

Il y a quelques jours à peine, un des mes anciens professeurs est décédé et il n'aura jamais su à quel point il m'a inspiré.

Parce qu'il y a des moments pour écrire et qu'il y en a d'autres pour garder le silence.

lundi 2 février 2015

"La nostalgie est une forme de drogue, avec ses bons et ses mauvais côtés." Entendu cette phrase ce matin à la radio, prononcée par jsais pu qui. Il semblerait vraiment les astres et les désastres s'alignent dernièrement par rapport à cela. L'essai de Jonathan Livernois, celui d'Isabelle Daunais et cette citation ce matin témoignent de cette certaine conjoncture qui m'obsède de plus en plus. Notre rapport au passé comme une déficience freinant notre erre d'aller vers l'avenir à courtmoyenlong terme. 

Comme notre nation s'est construite d'inachèvements en inachèvements, et que cet inachèvement global, par contingence, est devenu permanence, l'on regarde vers le passé pour comprendre ce qui a mal tourné, la larme à l'oeil à l'évocations des idylliques "prochaines fois" à l'écho résonnant, au lieu de regarder vers l'avenir pour créer cette prochaine fois.

Systématiquement pris entre le passé et l'avenir, dans la permanence d'un long fleuve tranquille, c'est comme si l'on attendait que les digues poussent toutes seules.

La poésie se fait rare dans la tempête de nos émotions paralysées.

dimanche 1 février 2015

Vendredi après 12h

Tronçon crotté crade sur la Sainte et révérée Catherine entre Berri et Beaudry. Un jour sans soleil. Le blanc se superpose au gris et rien ne brille d'aucun feu. De gros badauds sentent le rancie et la pisse dans l'après-midi menant à la fin de semaine. Tout pu aujourd'hui on dirait.

Un être humaimprobable en haut de l'escalier. Il voit mon Kaddish de Ginsberg et il m'interpelle. Une voix impossible, haut perché, asexué ; j'ai dû lui demander son nom pour savoir. Il me dit qu'il est allé à San Francisco quand il avait 15 ans et qu'il est le petit petit petit neveu d'Émile Nelligan. Je le crois, naïvement peut-être, mais je ne pose pas de questions.

Il me dit qu'il écrit de la poésie et qu'il médiumnise. Lorsqu'il lit de la (bonne) poésie, les mots créent des vibrations qui lui permettent d'entrer en contact avec le poète. S'ouvre alors de nouvelles portes de nouvelles perceptions. Je le crois un peu moins.

Ses propos disent vague entre cohérence et confusion. Derrière ses grosses lunettes fumées en mal de soleil se cache l'impénétrable. Je suis las de préjuger. Je l'écoute, souriant tantôt de sa candeur, soupirant ensuite quand il se montre envahissant. Les dix cussions sont terminées et il quitte. Transmigration de l'électron libre dans la nuit qui se lève. Parce que les nuits ne font pas que tomber.

Le sax de Coltrane blow doucement pendant que l'escalier se remplit. Non, vraiment, la nuit se lève et la bière a mer. La semaine vient de muer, elle perd sa vieille peau et s'en fera une neuve pendant le week-end.

Pendant ce temps, les échanges solidifient l'amitié. Il faut tester les piliers de l'existence pour se rappeler leur force et leur importance.

On se lance un défi. Qu'on va relever. L'enjeu? Une bière qu'on boira entre amis. Sans vainqueur ni perdant. Juste des mots. Des mots. Des mots. Des mots.

vendredi 23 janvier 2015

premier jet

je marche le long de murs blessés
et dans mon errance je cherche
encore les reliefs de mes chemins
étalés totals au-devant de moi

je connais celui que je dois prendre
mais avant laisse-moi guérir 
mes gerçures de corail
laisse-moi fouiller le temps 
et reconstruire mes espoirs

il n'est pas de destin léger
pour celui qui sait qu'il va mourir
seulement les obstacles nécessaires
à son accomplissement

soumis à ces runes nocturnes
je déchiffre les mystères de mon passé
et je ne me reconnais pas
dans ces souvenirs incongrus

laisse-moi me perdre en l'histoire à venir
et être un homme
dans un instant lourd de volonté
renaître des puissances forgées
sur les ruines défuntes de mes blessures

lundi 19 janvier 2015

pas encore rassasié de lumière
je cherche dans mes poussières et mes détails
les différences qui créent les temps de ce jour simple

esseulé de neige absente
j'attends pendant que dehors
les nuages baroques fendent l'hiver

l'heure s'étire longue
rayons dans nos chairs
le front lourd d'ennui
je m'endors pour fuir l'éclatance du jour
trouver mes abandons
et de nouveaux mystères

j'écoute
dans les échos silencieux qui déploient nos sentences
notre histoire asséchée dans les fossiles de nos draves

vendredi 16 janvier 2015

Dans l'après-midi, le soleil magnifié par le prisme du verre et Vivaldi : «L'histoire est un cauchemar dont j'essaie de m'éveiller. » L'histoire le [Joyce] hante d'une présence insistante, par ses fantômes silencieux, mystérieux, et pourtant d'une éloquence écrasante ; elle le poursuit d'une angoisse insoutenable, car le désir, dans ses répétitions, s'y manifeste sans déguisement, et comme en deçà de toute censure, pour proposer l'impossible. Elle est pour lui cette écriture sans cesse recommencée qui vise à donner sens à l'« autre », à se donner pour le sens, mais qui à tout moment peut démasquer sa nudité et sa violence. 
- Jacques Aubert

jeudi 8 janvier 2015

Onceagain Finnegans

"What then agentlike brought about that tragoady thundersday the municipal sin business? Our clubhouse still rocks as earwitness to the thunder of his arafatas but we hear also through successive ages that shebby choruysh of unkalified muzzlenimiissilehims that would blackguardise the whitestone ever hurtleturtled out of heaven."


"(There extend by now one thousand and one stories, all told, of the same)" 
- James Joyce

mercredi 7 janvier 2015


J'écoute la poésie des jaguars.

lundi 22 décembre 2014

Quand Bill botte des culs en toute simplicité

"Time is the king of all men, he is their parent and their grave, and gives them what he will and not what they crave."

mercredi 26 novembre 2014

Un autre livre de terminer aux lueurs de l'aurore, au moment où les heures ne comptent pas. J'en ai lu plus de mille, je voudrais en lire dix mille autres. Je sens dormir en moi des montagnes de mots que je gravis avec ceux des autres, en attendant de trouver les traces où j'ordonnerai mes repères.  Tant de choses à dire par-delà mes hésitations ou mes silences. C'est qu'une flamme brûle dans ma tête et consume, docile, les images à naître ; trop de phrases en même temps qui se perdent dans un rêve.

mercredi 19 novembre 2014

ce matin

j'aurais aimé me lever avant que le jour naisse
écouter le silence et ses révélations
voir s'étioler la nuit     la belle évasion
voir s'étirer le bleu sombre pour devenir l'aurore
pâle     entendre tomber le pied de neige légère qui drape le sol
sentir le matin m'appartenir un bref instant
dans une odeur de café noir     de calme
solitude acceptée
                           mais j'ai dormi

lundi 17 novembre 2014

temps du jour

Et passent de petites choses simples. Dans le jour, deux chandelles sans lueurs, qu'une présence ; un fumet de thé - blanc de Darjeeling, acheté sur place, par-delà la brume ; toujours aussi bon après plus d'un an, souvenirs en masse qui reviennent, sensation proustienne. Mahler donnant du relief à l'opacité du ciel ; cette neige mouillée tombe pendant que je m'arrête un instant. Je regarde les empreintes dans la neige sur les trottoirs en bas. Et passent tous ceux que je ne connais pas. Penser à ne penser à rien, écouter et ponctuer le temps d'abandons simples.

"I will tell you why. So shall my anticipation prevent your discovery, and your secrecy to the king and queen moult no feather. I have of late, but wherefore I know not, lost all my mirth, forgone all custom of exercices ; and indeed it goes so heavily with my disposition that this goodly frame, the earth, seems to me a sterile promontory. This most excellent canopy, the air, look you, this brave o'erhanging firmament, this majestical roof fretted with golden fire, why, it appeareth nothing to me but a foul and pestilence congregation of vapours. What piece of work is a man! How noble in reason, how infinite in faculties, in form and moving how express and admirable, in action how like an angel, in apprehension how like a god : the beauty of the world, the paragon of animals! And yet to me what is this quintessence of dust?"
Hamlet, II, II

mercredi 12 novembre 2014

temps du jour

Pluie froide sous les clochers brumeux. Godspeed marque la marche - qui est le Black Emperor? L'atmosphère grisée s'immobilise. Les drones fusent et dessinent le velours de l'air, de l'air si lourd que je peux presque le prendre et fermer le poing. Prémisse des volontés à venir. La pluie en attendant le prochain relâchement. Mais novembre m'arrête, je regarde mon haleine froide et les buées du matin. Mes réflexions fuient malgré moi le présent et s'échappent au fil de mes pas dans les flaques d'eau qui reflètent les peintures d'un jour triste. 

mardi 14 octobre 2014

"Le poète est le centre puissant de la vie de son époque, avec laquelle nul autre n'a de rapports plus essentiels que les siens. Lui seul est capable d'absorber la vie qui l'entoure et de la projeter à nouveau dans l'espace parmi les musiques planétaires. Lorsque le phénomène poétique est signalé dans les cieux, il est temps pour les critiques de réviser leurs valeurs conformément à ce fait. Il est temps pour eux de reconnaître qu'ici l'imagination vient de scruter intensément, dans toute sa vérité, l'être du morne visible et que la beauté, la splendeur du vrai, vient de naître."
- James Joyce

lundi 13 octobre 2014

plus rien à faire sinon observer les feuilles rougies par le soleil
nervures et membrures soumises au vent bleu de l'automne
dans mon aveuglement s'écrivent les futures ratures
les négations accumulées d'un grand désoeuvrement

à la fenêtre donnant sur le monde
se construisent des barreaux de poussière
elle rétrécit tout comme mon regard
altéré par le filtre des vitres
couleurs mates prisme terne
la brume du matin séchée sur le verre
déforme le monde et assoie les solitudes
dans le ciel un soleil d'aléas glauques

quand j'espérais une musique
une morte note est venue chanter le temps

le présent passe médite à l'ombre des statuts
en attendant jusqu'à la mort peut-être    
                                                   si beau le mouvement des branches
qu'elles bougent vers l'arborescence
de mes regards espérants

lundi 6 octobre 2014

Au parc

Autour les mots montent assourdis par les rires puérils
et le vent assèche les petits cheveux humides
lentement. Les feuillages diaphanes du violet au vert,
violence sereine des arbres en marche, millénaires,
annoncent les dernières sueurs de l'été l'automne à venir.
Des sueurs comme celles séchées sur son corps orange
couché dans l'herbe, toutes splendeurs offertes,
allant jusqu'à faire rougir le soleil qui par pudeur
éteint avec quelques nuages l'embarras du ciel.
Lentement les cris des enfants se taisent et
désertent la fontaine rendue inutile,
qui rappelle les enfants des cris de ses flots.

Love in the asylum

                              A stranger has come
To share my room in the house not right in the head,
                              A girls as mad as birds

Bolting the night of the door with her arm her plume.
                              Strait in the mazed bed
She deludes the heaven-proof house with entering clouds

Yet she deludes with walking the nightmarish room,
                              At large as the dead,
Or rides the imagined oceans of the male wards.

                              She has come possessed
Who admits the delusive light through the bouncing wall,
                              Possessed by the skies

She sleeps in the narrow trough yet she walks the dust
                              Yet raves at her will
On the madhouse boards worn thin by my walking tears.

And taken by light in her arms at long and dear last
                              I may without fail
Suffer the first vision that set fire to the stars.

- Dylan Thomas