Ce qu'il faut protéger avant que l'aube ne s'enfuit
le grondement voisin du fleuve qui traverse ma fenêtre
toute la sève sous l'écorce comme le ronronnement
d'une partie du monde dont on néglige la beauté
le chant des oiseaux qui ponctue le silence naturel du matin
derniers soupirs d'une nuit partie dormir au loin
je continue de croire aux mystères que dévoile le jour
précieux chaque geste est plus lent que d'habitude
la conscience du mouvement magnifie la routine
l'absence de vent impose l'humilité qui ralentit l'usure
dans cette solitude sacrée défaite des simulacres
mes sens et mes idées sont à la fois frêles et alertes
les caresses de l'indicible sont plus apaisantes que la foi
avant que le soleil ne se lève fort d'avoir gravi le ciel
et ne nous domine dans l'éclat de sa terrifiante superbe
je repousse les dérapes du monde - tous jours se feront chaos
je m'invisible dans le magma de l'ombre
et je tiendrai toute la journée les promesses de l'aube